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Ici des angles articulaires

On nous dit que la mort fait partie de la vie. On ne la vit pourtant pas, la mort. Le jour de mon enterrement, je ne serai pas là pour montrer ma bite à mes proches éplorés pour les égayer un peu. Je ne verrai jamais mon corps pourrir. Je ne pourrai jamais faire un selfie avec. Je ne verrai jamais les vers le dévorer. Je veux vivre mais je veux mourir aussi. Mourir longtemps. Mourir toujours.

Avant de parler de cinématique inverse et d’optimisation, il convient de bien distinguer cinématique directe et cinématique inverse. La cinématique est dite directe lorsque des valeurs de coordonnées généralisées (ici des angles articulaires) sont introduites dans un modèle dont l’objectif est de calculer les positions de repères cutanés ; on parle alors de repères modélisés. En d’autres termes, il s’agit de localiser des repères cutanés dans une configuration donnée. À l’inverse, la cinématique inverse détermine à quels angles ou à quelles configurations correspondent un ensemble de repères observés.

Le deuxième paragraphe, éhontément volé sur l’Internet, n’a aucun lien avec le premier. Ça cloche un peu, je sais. Mais la cinématique biomécanique est un sujet toujours difficile à amener.

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Ni artistes, ni vandales 2/2

Je ne suis pas un « street artist ». Je ne l’ai jamais été. J’en ai rien à foutre d’amuser le passant. Je n’ai pas le projet de le distraire. Je ne désire pas le surprendre. Et j’ai encore moins la prétention de le faire réfléchir. Je ne suis même pas sûr de savoir ce qu’est l’art. Ce que je veux, c’est hurler. Hurler que j’existe. Que je ne suis plus ce petit garçon humilié quotidiennement par des insultes et des coups de pieds dans les couilles. Que je ne suis plus ce garçon dont les filles se moquaient. Ce que je veux, c’est oublier. Oublier qu’enfant, mon père faisait « pipi tout blanc dans ma bouche ». Oublier que je n’ai jamais été beau. Que j’ai toujours eu plus de difficultés que les autres dans tous les domaines. Oublier que je suis faible. Que je n’ai jamais envie de gagner mais que j’ai toujours peur de perdre.

Je ne suis pas un vandale. Je ne l’ai jamais été. Dégrader le bien d’autrui n’a absolument rien d’excitant pour moi. Je n’y pense juste pas. Chaque tag, chaque pièce, sur un mur ou sur un train, n’est qu’un long cri de détresse. Je ne veux pas crever comme je suis né. Si je ne parviens pas à m’aimer moi-même, je serai aimé par les autres. Je veux exister. Exister enfin.

(Photo prise par Luisa Schmidt)

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Ni artistes, ni vandales 1/2

Je ne suis pas un « street artist ». Je ne l’ai jamais été. J’en ai rien à foutre d’amuser le passant. Je n’ai pas le projet de le distraire. Je ne désire pas le surprendre. Et j’ai encore moins la prétention de le faire réfléchir. Je ne suis même pas sûr de savoir ce qu’est l’art. Ce que je veux, c’est hurler. Hurler que j’existe. Je veux retrouver toute l’attention que mes parents m’ont donnée et dont je suis privé depuis que j’ai quitté la maison familiale. Je ne suis qu’un enfant pourri gâté de merde qui n’existe jamais assez aux yeux des autres. Je n’aime pas les autres. Je veux simplement qu’ils m’aiment. Qu’ils m’aiment toujours plus. Qu’ils m’aiment et qu’ils en meurent.

Je ne suis pas un vandale. Je ne l’ai jamais été. Dégrader le bien d’autrui n’a absolument rien d’excitant pour moi. Rien n’est à autrui. Tout m’appartient. Chaque tag, chaque pièce, sur un mur ou sur un train, n’est qu’un long cri d’amour pour moi-même. Je veux exister. Exister toujours plus. Toujours plus que les autres.

(Photo prise par Elise L)

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Des taxis pour les galaxies

Quand quelqu’un nous demande ce que nous ferions si notre mort était imminente, il veut simplement savoir ce que nous ferions si rien n’avait plus vraiment d’importance. La vérité est que rien n’a d’importance. Quand on prend le temps de se coucher dans l’herbe et qu’on observe les étoiles, on ne peut que se dire que nos vies ont infiniment moins de valeur qu’un grain de sable dans le désert ou qu’une goutte d’eau dans l’océan. Que représentons-nous sur la ligne du temps ? Absolument rien. Alors vivons ! Dormons, glandons ! Aimons, fêtons ! Buvons, droguons ! Embrassons, violons ! Tuons, torturons ! Toulon, Avignon ! Nothomb, Simenon ! Mignon, Jaminon ! Chicon au jambon ! Ton tonton tond ton tonton !

Dans 150 ans, on s’en souviendra pas. Le vent l’emportera.

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Les canards chantent

Il n’y a ni gentils ni méchants dans ce monde. Il n’y a que des êtres faibles qui se démerdent avec ce que la vie leur a donné. Dès la première seconde de notre existence, nous commençons à mourir. Irrémédiablement, notre corps et notre esprit pourrissent. Tout se fane, rien ne résiste. Rien n’est beau, tout est laid. Le Mistral souffle et les canards chantent. La tourbe brûle et les diables dansent.

Je veux crever plus vite.

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« Se méfier des penseurs dont l’esprit ne fonctionne qu’à partir d’une citation. » (Emil Cioran)

Une nouvelle chiée de citations.

« Nous habitons un monde interprété par d’autres où il nous faut prendre place. » (Boris Cyrulnik)

« Les gens sans imagination ont besoin que les autres mènent une vie régulière. » (Boris Vian)

« Le désert est la seule chose qui ne puisse être détruite que par construction. » (Boris Vian)

« Un jour il y aura autre chose que le jour. » (Boris Vian)

« On se trouve toujours des excuses pour vivre. » (Boris Vian)

« La vie n’est qu’une longue perte de tout ce qu’on aime. » (Victor Hugo)

« Celui qui médite vit dans l’obscurité ; celui qui ne médite pas vit dans l’aveuglement. Nous n’avons que le choix du noir. » (Victor Hugo)

« Pourquoi serait-il plus difficile de mourir, c’est-à-dire de passer de la vie à la mort, que de naître, c’est-à-dire de passer de la mort à la vie ? » (Jules Renard)

« L’homme vraiment libre est celui qui sait refuser une invitation à dîner sans donner d’explications. » (Jules Renard)

« La peur de l’ennui est la seule excuse du travail. » (Jules Renard)

« Postillons : intempéries du langage. » (Jules Renard)

« C’est l’hiver, les arbres sont en bois. » (Jules Renard)

« La Tradition, c’est la personnalité des imbéciles. » (Jules Renard)

« Le métier d’un écrivain, c’est d’apprendre à écrire. » (Jules Renard)

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Dur comme du Gradur

Des lacets de chaussures, une bible de poche et un œuf. C’est ce qu’on m’a rendu ce matin dans un horrible sac plastique en me libérant du pénitentier de Lincent. Pas un sourire. Pas une poignée de main. Dehors, il faisait froid. Personne ne m’attendait. J’ai un peu pleuré puis je suis allé prendre un thé au café de la gare. Je n’ai pas touché au thé. Je n’aime pas le thé. Par la grande fenêtre embuée du bar, j’ai regardé les trains passer. J’ai observé les navetteurs pressés. Les amoureux qui se disputent. Ceux qui s’embrassent. J’ai vu un chat nager. Je ne savais pas que ça nageait, un chat. Enfin, on aurait plutôt dit un pinson. Et il ne nageait pas vraiment. Mais il faisait bien semblant. Je me sentais perdu. Mais ça ne m’angoissait pas vraiment. Je savais que tôt ou tard j’allais remettre le pied à l’étrier. Que tôt ou tard, je retrouverais le sourire. Que ce n’était qu’une question de temps. Le temps a passé. Des mois. Des semaines. Des jours. Sept heures. Et rien n’a bougé. Quand j’étais dans ma cellule, on ne me demandait que de vivre. De respirer. De manger. De boire. De regarder la télévision. De dormir. Dans la vraie prison, il faut travailler. Travailler pour travailler, sans jamais se demander pourquoi. Travailler plus et mieux que le voisin. Et s’en féliciter. Il faut être beau. Il faut être mince alors que la nourriture saine à bon prix est de plus en plus rare. Il faut porter de beaux vêtements. Il faut avoir une belle compagne. Il faut masquer ses émotions. Faire croire à l’autre que rien ne nous touche. Qu’on est heureux. Qu’on passe les plus belles vacances du monde. Il faut avoir de la conversation. De l’humour. Il faut savoir des choses. Toujours être au fait. Tout prendre avec détachement. Il faut se décoiffer pour saluer. À table, il faut manger avec le couteau à gauche et la fourchette à droite. Ou l’inverse, je sais plus. En toute circonstance, il ne faut pas se montrer faible. Il faut être fort. Mais moi, je ne suis pas fort. Je suis faible. Comme la plupart d’entre nous. Je suis moche. Comme un tas de merde obèse avec de longs cheveux dérangés plantés dessus. Je ne suis pas intelligent. Je ne sais même pas ce que c’est, l’intelligence. J’aime rire mais je peux pleurer. Des mois. Des semaines. Des jours. Sept heures. Je n’aime pas le travail. Ça me fatigue. Je ne veux pas sortir avec la plus belle femme du monde. Je veux passer des moments de qualité avec celle que j’aime. Je ne veux pas avoir une belle voiture. Je n’aime pas la voiture. Je ne veux pas être rassuré de voir à la télévision qu’il existe des gens encore plus cons que moi. Alors feignez le bonheur, soyez travailleurs, beaux, intelligents, mangez tous les animaux de la Terre, anéantissez toute végétation, polluez l’air, salissez tout ce qui est beau, démolissez tout ce que vous pouvez démolir avant de poser vos bagages sur une autre planète sur laquelle vous pourrez reprendre vos odieuseries mais moi, je retourne en taule. J’avais même pas fini ma sieste et demain, c’est le jour des pâtes.

La vie, c’est trop dur. Comme du Gradur.

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Tous augmentent

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Gerald R. Ford
Jimmy Carter
Ronald W. Reagan
George H. W. Bush
Bill Clinton
George W. Bush
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Didier Boclinville

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