Esoteric Andalltha, Pardon my French (FR posts), Stories, Thoughts

Dans la mer sur du Lalanne

Mais c’est pas possible ! J’en ai encore trouvé un ce matin derrière mon armoire… Ils sont partout. Je te fiche mon billet que d’ici à la boulangerie, je vais en croiser une centaine ! Ils vivent nus et ils ne s’épilent pas. Ils ne travaillent pas. Ils dorment beaucoup. Ils rient. Ils ne mangent pas de viande. Ils ne se nourrissent que de fruits. Ils font éjaculer leurs copines. Ils s’aiment. Ils ne votent jamais. Je les trouve vulgaire mais, parfois, je me demande si ce n’est pas moi qui le suis. Leur manque de citoyenneté me choque mais, parfois, je me demande si ce n’est pas moi qui ne suis pas citoyen. Je les déteste parce que je les envie. J’envie leur bonheur. Ils représentent tout ce que j’aurais voulu être. Je ne veux plus les voir. Je veux qu’ils meurent. En souffrant. Dans la mer sur du Lalanne.

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Le vrai contraire de l’amour, c’est la différence

Ça a commencé ce matin. J’ai déjeuné en lisant le journal puis j’ai roulé-boulé à l’aveuglette une demi-cinquantaine d’heures. Je ne parvenais pas à m’arrêter, c’était l’Enfer. La machine s’était emballée. J’appelais à l’aide mais le temps que les passants réagissent, j’étais déjà trois kilomètres plus loin. Je me suis finalement écrabouillé violemment contre un arbrisseau. Maintenant, je souffre très fort à la tête et je me sens seul. Je ne sais pas où je suis. Il fait tout noir et je ne trouve pas la sortie. Je n’ai même plus la force de pleurer. Dis-moi, c’est quand, la fête de la haine ?

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Ici des angles articulaires

On nous dit que la mort fait partie de la vie. On ne la vit pourtant pas, la mort. Le jour de mon enterrement, je ne serai pas là pour montrer ma bite à mes proches éplorés pour les égayer un peu. Je ne verrai jamais mon corps pourrir. Je ne pourrai jamais faire un selfie avec. Je ne verrai jamais les vers le dévorer. Je veux vivre mais je veux mourir aussi. Mourir longtemps. Mourir toujours.

Avant de parler de cinématique inverse et d’optimisation, il convient de bien distinguer cinématique directe et cinématique inverse. La cinématique est dite directe lorsque des valeurs de coordonnées généralisées (ici des angles articulaires) sont introduites dans un modèle dont l’objectif est de calculer les positions de repères cutanés ; on parle alors de repères modélisés. En d’autres termes, il s’agit de localiser des repères cutanés dans une configuration donnée. À l’inverse, la cinématique inverse détermine à quels angles ou à quelles configurations correspondent un ensemble de repères observés.

Le deuxième paragraphe, éhontément volé sur l’Internet, n’a aucun lien avec le premier. Ça cloche un peu, je sais. Mais la cinématique biomécanique est un sujet toujours difficile à amener.

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Ni artistes, ni vandales 2/2

Je ne suis pas un « street artist ». Je ne l’ai jamais été. J’en ai rien à foutre d’amuser le passant. Je n’ai pas le projet de le distraire. Je ne désire pas le surprendre. Et j’ai encore moins la prétention de le faire réfléchir. Je ne suis même pas sûr de savoir ce qu’est l’art. Ce que je veux, c’est hurler. Hurler que j’existe. Que je ne suis plus ce petit garçon humilié quotidiennement par des insultes et des coups de pieds dans les couilles. Que je ne suis plus ce garçon dont les filles se moquaient. Ce que je veux, c’est oublier. Oublier qu’enfant, mon père faisait « pipi tout blanc dans ma bouche ». Oublier que je n’ai jamais été beau. Que j’ai toujours eu plus de difficultés que les autres dans tous les domaines. Oublier que je suis faible. Que je n’ai jamais envie de gagner mais que j’ai toujours peur de perdre.

Je ne suis pas un vandale. Je ne l’ai jamais été. Dégrader le bien d’autrui n’a absolument rien d’excitant pour moi. Je n’y pense juste pas. Chaque tag, chaque pièce, sur un mur ou sur un train, n’est qu’un long cri de détresse. Je ne veux pas crever comme je suis né. Si je ne parviens pas à m’aimer moi-même, je serai aimé par les autres. Je veux exister. Exister enfin.

(Photo prise par Luisa Schmidt)

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Ni artistes, ni vandales 1/2

Je ne suis pas un « street artist ». Je ne l’ai jamais été. J’en ai rien à foutre d’amuser le passant. Je n’ai pas le projet de le distraire. Je ne désire pas le surprendre. Et j’ai encore moins la prétention de le faire réfléchir. Je ne suis même pas sûr de savoir ce qu’est l’art. Ce que je veux, c’est hurler. Hurler que j’existe. Je veux retrouver toute l’attention que mes parents m’ont donné et dont je suis privé depuis que j’ai quitté la maison familiale. Je ne suis qu’un enfant pourri gâté de merde qui n’existe jamais assez aux yeux des autres. Je n’aime pas les autres. Je veux simplement qu’ils m’aiment. Qu’ils m’aiment toujours plus. Qu’ils m’aiment et qu’ils en meurent.

Je ne suis pas un vandale. Je ne l’ai jamais été. Dégrader le bien d’autrui n’a absolument rien d’excitant pour moi. Rien n’est à autrui. Tout m’appartient. Chaque tag, chaque pièce, sur un mur ou sur un train, n’est qu’un long cri d’amour pour moi-même. Je veux exister. Exister toujours plus. Toujours plus que les autres.

(Photo prise par Elise L)

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Des taxis pour les galaxies

Quand quelqu’un nous demande ce que nous ferions si notre mort était imminente, il veut simplement savoir ce que nous ferions si rien n’avait plus vraiment d’importance. La vérité est que rien n’a d’importance. Quand on prend le temps de se coucher dans l’herbe et qu’on observe les étoiles, on ne peut que se dire que nos vies ont infiniment moins de valeur qu’un grain de sable dans le désert ou qu’une goutte d’eau dans l’océan. Que représentons-nous sur la ligne du temps ? Absolument rien. Alors vivons ! Dormons, glandons ! Aimons, fêtons ! Buvons, droguons ! Embrassons, violons ! Tuons, torturons ! Toulon, Avignon ! Nothomb, Simenon ! Mignon, Jaminon ! Chicon au jambon ! Ton tonton tond ton tonton !

Dans 150 ans, on s’en souviendra pas. Le vent l’emportera.

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Les canards chantent

Il n’y a ni gentils ni méchants dans ce monde. Il n’y a que des êtres faibles qui se démerdent avec ce que la vie leur a donné. Dès la première seconde de notre existence, nous commençons à mourir. Irrémédiablement, notre corps et notre esprit pourrissent. Tout se fane, rien ne résiste. Rien n’est beau, tout est laid. Le Mistral souffle et les canards chantent. La tourbe brûle et les diables dansent.

Je veux crever plus vite.

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« Se méfier des penseurs dont l’esprit ne fonctionne qu’à partir d’une citation. » (Emil Cioran)

Une nouvelle chiée de citations.

« Nous habitons un monde interprété par d’autres où il nous faut prendre place. » (Boris Cyrulnik)

« Les gens sans imagination ont besoin que les autres mènent une vie régulière. » (Boris Vian)

« Le désert est la seule chose qui ne puisse être détruite que par construction. » (Boris Vian)

« Un jour il y aura autre chose que le jour. » (Boris Vian)

« On se trouve toujours des excuses pour vivre. » (Boris Vian)

« La vie n’est qu’une longue perte de tout ce qu’on aime. » (Victor Hugo)

« Celui qui médite vit dans l’obscurité ; celui qui ne médite pas vit dans l’aveuglement. Nous n’avons que le choix du noir. » (Victor Hugo)

« Pourquoi serait-il plus difficile de mourir, c’est-à-dire de passer de la vie à la mort, que de naître, c’est-à-dire de passer de la mort à la vie ? » (Jules Renard)

« L’homme vraiment libre est celui qui sait refuser une invitation à dîner sans donner d’explications. » (Jules Renard)

« La peur de l’ennui est la seule excuse du travail. » (Jules Renard)

« Postillons : intempéries du langage. » (Jules Renard)

« C’est l’hiver, les arbres sont en bois. » (Jules Renard)

« La Tradition, c’est la personnalité des imbéciles. » (Jules Renard)

« Le métier d’un écrivain, c’est d’apprendre à écrire. » (Jules Renard)

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