Esoteric Andalltha, Pardon my French (FR posts), Stories

Des fromages et du jus d’orange

C’était mardi ou alors c’était la nuit. En tout cas, il faisait noir. Je venais de finir une longue journée de travail et j’avais besoin de me modifier les idées. J’ai surpris, au loin, des gens. Ils parlaient. Il y en avait un qui fumait. Je me suis approché d’eux. Tout le monde était là : Alain, Francis, Jean-Jacques, un tyrannosaure en short, un ouvrier de la commune et un œuf. On baptisait Denis. Avec de l’eau. Je me suis joint à la fête. On a dévoré d’épaisses tartines de beurre avec de la margarine et aussi avec des fromages en buvant du jus d’orange et aussi du thé à l’amiante avec beaucoup du pipi dedans. Il y avait un petit Chinois qui riait, j’aimais bien. Puis une dame a déboulé. N’ayons pas peur des mots : elle était un peu enveloppée. Ne nous mentons pas : elle était grosse. Appelons un chat un chat : elle était obèse. Tant et si bien qu’elle a éclaté comme une baudruche, balayant tout sur des kilomètres.

Je n’ai jamais revu Denis.

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Esoteric Andalltha, Pardon my French (FR posts), Thoughts

Ici des angles articulaires

On nous dit que la mort fait partie de la vie. On ne la vit pourtant pas, la mort. Le jour de mon enterrement, je ne serai pas là pour montrer ma bite à mes proches éplorés pour les égayer un peu. Je ne verrai jamais mon corps pourrir. Je ne pourrai jamais faire un selfie avec. Je ne verrai jamais les vers le dévorer. Je veux vivre mais je veux mourir aussi. Mourir longtemps. Mourir toujours.

Avant de parler de cinématique inverse et d’optimisation, il convient de bien distinguer cinématique directe et cinématique inverse. La cinématique est dite directe lorsque des valeurs de coordonnées généralisées (ici des angles articulaires) sont introduites dans un modèle dont l’objectif est de calculer les positions de repères cutanés ; on parle alors de repères modélisés. En d’autres termes, il s’agit de localiser des repères cutanés dans une configuration donnée. À l’inverse, la cinématique inverse détermine à quels angles ou à quelles configurations correspondent un ensemble de repères observés.

Le deuxième paragraphe, éhontément volé sur l’Internet, n’a aucun lien avec le premier. Ça cloche un peu, je sais. Mais la cinématique biomécanique est un sujet toujours difficile à amener.

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Ni artistes, ni vandales 2/2

Je ne suis pas un « street artist ». Je ne l’ai jamais été. J’en ai rien à foutre d’amuser le passant. Je n’ai pas le projet de le distraire. Je ne désire pas le surprendre. Et j’ai encore moins la prétention de le faire réfléchir. Je ne suis même pas sûr de savoir ce qu’est l’art. Ce que je veux, c’est hurler. Hurler que j’existe. Que je ne suis plus ce petit garçon humilié quotidiennement par des insultes et des coups de pieds dans les couilles. Que je ne suis plus ce garçon dont les filles se moquaient. Ce que je veux, c’est oublier. Oublier qu’enfant, mon père faisait « pipi tout blanc dans ma bouche ». Oublier que je n’ai jamais été beau. Que j’ai toujours eu plus de difficultés que les autres dans tous les domaines. Oublier que je suis faible. Que je n’ai jamais envie de gagner mais que j’ai toujours peur de perdre.

Je ne suis pas un vandale. Je ne l’ai jamais été. Dégrader le bien d’autrui n’a absolument rien d’excitant pour moi. Je n’y pense juste pas. Chaque tag, chaque pièce, sur un mur ou sur un train, n’est qu’un long cri de détresse. Je ne veux pas crever comme je suis né. Si je ne parviens pas à m’aimer moi-même, je serai aimé par les autres. Je veux exister. Exister enfin.

(Photo prise par Luisa Schmidt)

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Ni artistes, ni vandales 1/2

Je ne suis pas un « street artist ». Je ne l’ai jamais été. J’en ai rien à foutre d’amuser le passant. Je n’ai pas le projet de le distraire. Je ne désire pas le surprendre. Et j’ai encore moins la prétention de le faire réfléchir. Je ne suis même pas sûr de savoir ce qu’est l’art. Ce que je veux, c’est hurler. Hurler que j’existe. Je veux retrouver toute l’attention que mes parents m’ont donnée et dont je suis privé depuis que j’ai quitté la maison familiale. Je ne suis qu’un enfant pourri gâté de merde qui n’existe jamais assez aux yeux des autres. Je n’aime pas les autres. Je veux simplement qu’ils m’aiment. Qu’ils m’aiment toujours plus. Qu’ils m’aiment et qu’ils en meurent.

Je ne suis pas un vandale. Je ne l’ai jamais été. Dégrader le bien d’autrui n’a absolument rien d’excitant pour moi. Rien n’est à autrui. Tout m’appartient. Chaque tag, chaque pièce, sur un mur ou sur un train, n’est qu’un long cri d’amour pour moi-même. Je veux exister. Exister toujours plus. Toujours plus que les autres.

(Photo prise par Elise L)

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Au secours !

Au secours ! Un Chinois gigantesque m’a volé la moustache d’André Flahaut que j’avais achetée sur eBay et aussi un chou-fleur. Il a une grosse tête de Chinois et il mesure quelques kilomètres. Il est visible de l’espace. À l’heure qu’il est, il doit déjà avoir passé le Bosphore. Son rire est angoissant. Si vous avez des informations à son sujet, merci de me les communiquer au plus vite !

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Je n’aime pas la tarte au sang

Après avoir fini la tarte au sang de grosse-maman, nous sommes passés au salon pour y manger des cigares. Il y faisait chaud. La Mort nous y attendait. Je ne la voyais pas mais je sentais sa présence. On a allumé le poste de radio. Il pleuvait sur toutes les stations. La chaleur était suffocante. J’entendais des chats se battre à l’extérieur. Nous veillissions à vue d’œil. Les yeux de ma sœur étaient jaunes. Le corps de ma mère s’est transformé en tas de boue. Le squelette visqueux de mon père me fascinait. Je l’ai senti. Je l’ai touché. Je l’ai embrassé. Puis je suis parti. Je ne reviendrai plus jamais. Je n’aime pas la tarte au sang.

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Des cheveux qui disent coucou

Je n’irai plus au supermarché. Tous les caissiers me ressemblent. Ils m’ont volé mon image. Mais la copie est grossière. On voit qu’ils ne sont faits que de plastique. Certains fondent, d’autres pleurent. Il y en a même un qui est une femme. Une femme énorme. Gigantesque. Monstrueuse. Avec des cheveux qui disent coucou.

Vous avez pris mon apparence. Vous n’aurez jamais mon identité.

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